Le GANG s'est formé en 2011, d'une bande d'ami partageant une vision commune des territoires, désireux d'apporter une représentation nouvelle des paysages qu'ils pratiquent. C'est une approche immersive des territoires que l'on mène avec le GANG, la bande, le groupe, l'équipe. Le GANG est créé durant nos études d'architecture où naissent nos amitiés et notre vision commune des territoires. Issus d'une pratique des lieux, nos travaux tentent d'apporter une nouvelle représentation des paysages que l'on étudie. C'est une approche immersive des territoires que l'on mène avec le GANG, la bande, le groupe, l'équipe, le crew. Cette approche est guidéepar notre mode de déplacement, en effet, pour nos trajets quotidiens ou exceptionnels, nous adoptons des mobilités actives à pied ou à vélo, vecteur d'une certaine proximité avec le territoire que nous découvrons, traversons, expérimentons... Pour nous, le vélo est synonyme de liberté; le temps, seule contrainte, devient une force. A vélo, on peut couvrir de longues distances sur la route ou les chemins et même couper à travers champs, on peut s'arrêter quand on le souhaite à la moindre rencontre, sans raison valable ou au moindre coup de cœur territorial.Car il y a un peu de ça, un amour du territoire et de sa découverte.
Notre remontée de la Marne découle de nos habitudes, nombres d'entre elles se tiennent entre Paris et la banlieue-est sud-est de Paris. Nous sommes familiersdu chemin de halage qui longe la Seine puis la Marne. C'est une voie linéaire sans voiture qui commence (ou termine selon le sens dans lequel on l'emprunte) au croisement du périphérique et de la Seine, une sorte d'île de béton délimitée par le fleuve et l'autoroute A4, un paysage industriel qui nous fascine comme les gares pouvaient fascinerles impressionnistes. Entre nous, nous l'appelons le REG, pour le caractère REGulier de notre fréquentation. On y passe, on le photographie, on s'y arrête parfois prendre l'apéro, à l'abri du ronronnement de l'autoroute derrière une pile de ponts...


C'est le long de ce chemin que se termine la Marne, après 514 kilomètres, elle vient se jeter dans la Seine devant Chinagora: "monument" emblématique, visible entre autre lieu depuis l'autoroute A4, depuis la ligne 8 du métro, des voies ferrées où passe le RER D et les trains au départ de gares de Lyon et Bercy. De temps à autre, il nous arrive de nous éloigner de la capitale en remontant la Marne jusqu'à Meaux. Ces virées nous permettent de quitter la métropole, de retrouver un semblant de nature, de découvrir des vestiges d'antan (les ruines du moulin de Chelles, usine Meunier...).On prolonge parfois ces moments de suspension par une nuit en bivouac... le dépaysement, classique!
On ne connaît que trop bien cette rivière, ayant grandi ou habitédans le Val de Marne. Pour nous, elle a toujours représenté une bulle naturelle dans le territoire bétonné que nous habitons. On entretient une relation avec la Marne. L'hiver, elle nous couvre de sa brume épaisse. L'été, on vient s'y baigner, sauter de la passerelle de Charentonneau, ou de celle de la Pie. Le genre d'endroit qu'on ne trouve qu'en banlieue, et qui nous est cher.
Entre deux épisodes caniculaires de l'été 2020, nous enfourchons nos vélos et décidons de remonter la Marne jusqu'à sa source pour mieux la connaitre, la Matrona (la rivière-mère, son nom celtique), elle qui a toujours été un échappatoire à notrequotidienneté.Cet hommage que nous avons décidé de lui prêter, nous l'avons documenté. Pour s'affranchir de tous jugements ou facilités de traitement des sujets que nous croiseront, nous avons fait le choix d'un itinéraire arbitraire. En effet, tous les dix kilomètres linéaires de la Marne, nous avons pris des photos; pas avant ni après, seulement sur ces points 52 points précis. Nous voilà remis au hasard de ce protocole, prétexte de notre remontée de la Marne. Une remontée de la Marne, c'est une dérive organisée et absurde. Elle nous fera faire l'ellipse d'une représentation de Châlons-sur-Marne comme nous pourronstomber exactement sous le pont principal de Château-Thierry, elle nous fera découvrir plusieurs confluences (avec le Saulx ou le Rognon) et tout un tas d'endroits anonymes portant tout de même les traces d'usages passés ou présents. Elle nous mènera à valoriser l'invalorisable, des entrées de villes, les forêts alluviales, les barrages, les ponts canaux...La Matrona se dévoilera au fil des kilomètres.